Cabinet Hypnose Paris

 


gregory lambretteRevue Hypnose & Thérapies Brèves 28 Gregory Lambrette

Un dialogue inhabituel. Cybernétique et émotions.

Une des avancées importantes de l’approche stratégique brève concerne la prise en compte du travail avec les émotions. Gregory Lambrette situe cette évolution dans une perspective historique, pour nous emmener loin des conceptions pionnières initiales, sans pour autant s’en couper.

Hypnose Paris,EMDR,Thérapie Brève Paris

Congrès Mondial d'Hypnose 2015 à Paris

Hypnose Thérapeutique - lundi 22 janvier 2018 - 01:00
lntervention de Laurent Gross qui animera une formation pratique sur: "les interactions patient-thérapeute: Et si c'était vrai ?" Présentation

Et si c'était vrai que, comme nous apprend Franck Garde-Brèche sur sa théorie de changement de type 3, si c'était vrai qu'il y a réellement des univers multiples ?

Et si c'était vrai que, comme nous apprend Jean-Claude Ameisen, que notre mémoire est constituée d'une succession de cartes de ce que nous avons vécu. Et que chacune de ces cartes, tel ces anciens tableaux sous lesquels apparaissent d’anciennes peintures, pouvaient laisser apparaître une certaine mémoire, une autre partie de notre histoire.

Et si c'était vrai que, ces univers multiples n’étaient constitués que de calques, de couches successives, chacun évoluant à son propre rythme, dans son propre espace temps ?

Et si c’était vrai, que nous puissions détisser, tel Pénélope, des mailles de cet univers intérieur?

Et si c’était vrai, qu’en intégrant les mouvements oculaires en hypnose, qu’en y intégrant le toucher thérapeutique, nous puissions plus facilement avoir accès à ces couches émotionnelles, et ainsi de « favoriser le changement thérapeutique basé sur un accueil total de l’émotion naissant de la rencontre »?

Et si c’était vrai que, ce n’est pas uniquement l’endroit où la main du thérapeute se pose qui est important, mais la finesse, la légèreté ou la profondeur du toucher et son intention, afin d’activer ce lien qui nous unit aux autres ?

Comme si, comme si la main (la main qui touche, ou la main qui dirige et initie les mouvements oculaires) allait pouvoir révéler, mobiliser, certaines couches de l’histoire composant le patient.

Et si c’était vrai que, la main du thérapeute devait surtout…. Surtout ne rien faire…

Surtout ne rien faire, si ce n’est que…

Exercices pratiques de Formation
Intégration des Mouvements Oculaires (EMDR-IMO) en Hypnose.
La Catalepsie intégrée dans le Pacing.
Intégration de l'écoute manuelle empathique pour aborder l'hypnose profonde.

3 objectifs
Apprendre à détisser et tisser de nouveaux liens avec le patient
Apprendre à écouter le patient différemment en abordant d'autres outils intégratifs.
Améliorer l'alliance thérapeutique et utiliser d'autres ressources

Références bibliographiques principales
Jean-Claude AMEISEN: Sur les épaules de Darwin, sur les épaules des géants
Revue Hypnose & Thérapies Brèves
EMDR - Francine Shapiro
IMO Danie Beaulieu
Une approche ostéopathique de l'angoisse - Claude Bochurberg

Informations pratiques
Congrès Mondial d'Hypnose 2015
Palais des Congrès de Paris
(Porte Maillot)

Du 27 au 29 août 2015
Pré-congrès le 26 août 2015

Intervention de Laurent Gross:
Jeudi 27 août 2015
13h45
Salle 10.

Interventions des Drs Philippe Aïm et Isabelle Bouillevaux "Peut-on faire de l’hypnose en langue des signes (LSF) ?" Peut-on le faire avec un interprète si on ne parle pas soi-même la LSF, et comment s'y préparer?
Quelles sont les spécificités du travail avec les Sourds et de la LSF par rapport à une autre langue ?
Comment fait-on de l’hypnose (ou de la thérapie brève) sans les mots prononcés comme nous en avons l’habitude ?
Quel est le gain pour le patient et pour le thérapeute qui va à sa rencontre ?

La souffrance psychique chez les sourds est sous estimée, notamment parce qu’ils consultent peu, de peur de ne pas être "entendus" ou que les soins ne leur soient pas adaptés. Assez peu de thérapeutes s'intéressent ouvertement à la question. Leur histoire, leur culture et leur langue ont pourtant des aspects enrichissants et passionnants. A partir d’une vidéo de séance d’hypnose en LSF avec un patient sourd, nous verrons les spécificités et points communs dans la transe. A partir d’une séance où le thérapeute est accompagné d’un interprète, nous découvrirons comment nous adapter pour cet exercice particulier et prendre chacun sa place. Il est tout à fait possible, sans maîtrise de la LSF, de pratiquer la thérapie, celle que l'on pratique habituellement, y compris l'hypnose, et cela reste la relation thérapeute patient qui est à l'œuvre. L’interprète est nos mains et la voix du patient. Il suffit de s'y intéresser un peu et de vouloir "parler le langage du patient", notamment sur le plan non verbal, pour pouvoir y parvenir, et aider "comme tout le monde" ces patients (presque) comme les autres... Je serai accompagné par le Dr Bouillevaux, « médecin signeur », formatrice au CHTIP Collège d'Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris, hypnothérapeute, et M. Rigaud, interprète LSF."

Informations pratiques
Congrès Mondial d'Hypnose 2015
Palais des Congrès de Paris
(Porte Maillot)

Du 27 au 29 août 2015
Pré-congrès le 26 août 2015

Intervention du Dr Philippe Aïm et Dr Isabelle Bouillevaux:
Vendredi 28 août 2015
16h
Salle 16.


Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?

Hypnose Therapie Breve - jeudi 11 janvier 2018 - 15:50
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements Par Guillaume Delannoy, Vania Torres-Lacaze, Annick Toussaint Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails : vous devrez noter le lieu où vous vous trouvez, la date, l’heure exacte, les personnes présentes, ainsi que tous les symptômes physiques et psychologiques que vous observez : sensations, pensées, comportements, etc.

Dans le cadre d’une intervention visant le changement, la personne qui cherche à mener son embarcation vers des eaux plus clémentes, et l’intervenant qui a accepté de la guider pour le temps d’une traversée difficile, auront tous deux besoin de repères fiables pour se diriger.

Un instrument de mesure
On présente habituellement le carnet de bord comme l’outil essentiel qui permettra d’évaluer l’état de la situation actuelle et, par la suite, de mesurer avec fiabilité l’évolution du travail thérapeutique. Cela a l’avantage non seulement de signifier à la personne que l’on prend son problème au sérieux et que l’on va faire preuve d’une grande rigueur dans l’accompagnement que nous lui proposons, mais cela a aussi pour effet de déjà distiller de manière implicite une forme d’optimisme thérapeutique, en mentionnant le fait que c’est à l’aide de ce carnet que nous allons pouvoir mesurer les progrès du traitement.

C’est également dans ce but que l’on demande souvent à la personne de mesurer l’intensité des symptômes les plus importants, par exemple le niveau d’anxiété ou les symptômes physiques : maux de ventre, nausées… sur une échelle de 0 à 10. Pour celui qui navigue, une petite brise de 15 km/h n’est pas la même chose qu’un coup de vent à 70 km/h ou qu’un ouragan soufflant à 120 km/h… De même qu’un petit pic d’anxiété à 3/10 n’est pas la même chose qu’une crise de panique à 9/10… L’introduction de ces distinctions a donc souvent un effet recadrant car elle lui permet de percevoir de petites différences qui lui auraient autrement échappé.

Indications thérapeutiques
Rendre les choses concrètes et actuelles
En tant que tâche d’observation, le carnet de bord permet de récolter des informations concrètes concernant la situation amenée par le patient, notamment lorsque ce dernier s’est montré très vague ou très confus quant à ce qui lui pose problème, ou s’il s’est contenté d’utiliser des descriptions abstraites : « je suis dépressif », « je manque de confiance en moi », « mon conjoint est borderline », « je suis victime de harcèlement », « mon enfant souffre d’un trouble de l’attention »… On demandera alors à la personne de noter dans son carnet à chaque fois qu’elle ressent les signes de la « dépression », à chaque fois qu’elle observe les symptômes « borderline » de son conjoint, les signes du « trouble de l’attention » de son enfant, à chaque fois qu’elle subit ce « harcèlement » de la part de son ou sa collègue. Ces observations factuelles permettront à l’intervenant de mieux comprendre ce que la personne entend par le mot-valise « dépression », « confiance », « borderline » ou « harcèlement », afin de pouvoir l’aider au mieux. On ajoutera souvent une demande supplémentaire, à savoir que la personne note également dans son carnet ce qu’elle ressent et ce qu’elle fait lorsqu’elle est confrontée à ce type de situations, afin de commencer à identifier ses principales tentatives de solution.

On pourra également utiliser le carnet de bord lorsque la personne nous présente un problème situé dans le passé. « Mon problème, c’est le divorce de mes parents quand j’avais 6 ans… » On proposera alors à la personne de prendre note de toutes les situations dans lesquelles elle ressent que cet événement passé continue à lui poser problème aujourd’hui. Il arrive qu’en effectuant ce type d’exercice, la personne revienne en disant qu’elle s’est rendu compte qu’en fait, cet événement « dramatique » n’avait plus d’influence concrète sur sa vie actuelle. Et si la personne revient avec un certain nombre de situations actuelles qu’elle met en lien avec un événement passé, on pourra commencer à travailler avec elle les situations problématiques telles qu’elles se présentent aujourd’hui.

Relier le symptôme au contexte
A la suite de Watzlawick, rappelons que « le fait de ne pas prendre en compte le contexte interactionnel dans lequel se manifeste une condition prétendument psychiatrique est à la base de bien des diagnostics psychiatriques, fondés sur le modèle médical d’un organe malade (cerveau ou intelligence). Le mal ou la folie, dans cette perspective monadique, devient l’attribut d’un seul individu… ». C’est pourquoi l’objectif des injonctions thérapeutiques est bien souvent de « remettre la personne plus en contact avec son expérience, l’interaction entre elle et son milieu », de relier un symptôme isolé à son contexte. Le carnet de bord visera à focaliser l’attention de la personne vers l’extérieur : le monde, les autres, la vie… et non pas vers l’intérieur : ses réflexions, ses interrogations, son dialogue intérieur, ses doutes… C’est dans l’interaction que se trouvent les informations essentielles qui permettront à la personne un moment égarée de retrouver son chemin. Ces informations : des différences dans l’environnement, qui feront une différence pour la personne, ne se trouvent en effet pas « dans sa tête ».

Et à l’opposé, quand l’interaction de la personne avec elle-même a été coupée par une attention excessive portée vers l’extérieur, le réajustement passera par le fait de tourner son regard vers elle-même. Comme dans un problème sexuel où la personne est tellement stressée par le regard de l’autre, par ce qu’il semble manifester, par son plaisir, qu’elle se déconnecte d’elle-même, ne ressent plus rien – dans ce cas nous pourrions orienter son attention vers ses propres sensations.

On utilise aussi le carnet de bord lorsqu’une personne ressent des symptômes, mais qu’elle ne parvient pas à en identifier les raisons. « Je me sens mal, anxieux, déprimé, mais je ne comprends pas pourquoi… » On l’invite alors à observer attentivement tous les moments où elle ressent ces symptômes et à prendre note très précisément du contexte de leur apparition : à quelle heure ? où ? avec qui ? etc. Une de nos patientes, après avoir effectué cette tâche, s’était rendu compte que ses angoisses apparaissaient à chaque fois qu’elle discutait avec son mari et que ce dernier lui interdisait de faire certaines choses : aller voir des amies, postuler pour un emploi...

Le carnet de bord permet alors à la personne d’identifier les indices de contexte qui déclenchent son mal-être. Cela aura un premier effet thérapeutique, en amenant non seulement la personne à « réaliser pourquoi » elle se sent mal, mais aussi à se confronter à des informations qu’elle avait jusque-là tendance à éviter par ce qu’elles étaient peut-être trop difficiles pour elle à affronter : évitement par attention sélective, ou qu’elle n’a simplement pas pu identifier. Dans certains cas, ce sera le point de départ qui permettra les premières régulations relationnelles nécessaires à l’établissement d’un nouvel équilibre plus satisfaisant pour elle.


Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.
Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées. 
Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.

Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang. 

En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.
Une journée particulière. Alexia Raphael, Psychologue
Une journée particulière où Alexia nous invite à partager son quotidien de psychologue. 9 heures : entrée dans l’Institut Paoli-Calmettes, s’érigeant tel un paquebot blanc immaculé, sept étages, des couloirs qui s’élancent parfois vers la mer azur, 350 chambres dont les fenêtres s’ouvrent sur la Bonne Mère ou les collines, le soleil, souvent invité, éclaire les visages nus. Les personnes amarrées ici vivent l’expérience d’attendre puis de recevoir leur « soin » pour en subir les désagréments.
 
Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie. 
Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ? 
Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ? 
Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.
« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience. 
Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier. 
L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.
Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose. 

Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.
La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux. 

Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet. 
Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. 

Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja

Hypnose Therapie Breve - jeudi 11 janvier 2018 - 15:49
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ? Par Fabrice Lakdja Anesthésiste-Réanimateur-Psychothérapeute. Directeur DU Hypnose médicale de Bordeaux 2007-2014. Président d’honneur et fondateur de l’Association Hypnose 33, créée en 2004. Président du Comité Gironde de la Ligue contre le cancer. Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ?

Les conséquences bio-psycho-sociales des cancers ont été étudiées et elles nécessitent des interventions psychologiques et thérapeutiques complexes et spécifiques. Les objectifs principaux sont d’aider les patients à préserver ou recouvrer leur intégrité physique et psychique, d’aider l’ensemble des personnes concernées tels les proches, la famille, les soignants, les aidants à faire face à l’affection et au stress de conséquence.

Les thérapies psychologiques ont une place d’importance et elles peuvent être individuelles, de groupe, familiales. Parmi elles, l’hypnose thérapeutique apporterait une plus-value tout au long du parcours du patient : depuis le diagnostic et l’annonce en passant par les différents traitements et les actes « invasifs » anxiogènes et douloureux, les effets délétères des différents traitements, les séquelles et même l’après-cancer. Et même le syndrome de Lazare ou syndrome de culpabilité du survivant pourrait en tirer bénéfice (le malade pouvant ressentir un dysfonctionnement psychique important ainsi que des modifications angoissantes de ses rapports avec les autres : peur de la récidive, diminution de l’estime de soi, préoccupation morbide avec la mort, labilité psychologique plus grande, difficultés au travail, isolement social, difficultés à réintégrer le réseau familial ou social, maturation plus grande des jeunes malades, comportements surprotecteurs de l’entourage…). Cette gêne psychologique n’est pas pathologique et n’interfère pas vraiment avec le retour à la vie familiale, l’école, le travail, les joies sociales. Il faut simplement un certain temps d’adaptation pour le retour à la vie normale.
Ces thérapies psychologiques, pour être efficaces, s’inspireraient bien de l’approche décrite par Carl Rogers à savoir la présence thérapeutique. Pour qu’un changement psychothérapeutique bénéfique et efficace ait lieu, Rogers, auteur du concept de l’approche centrée sur la personne, affirmait que le thérapeute devait être congruent, inconditionnellement positif, acceptant et empathique.

Le cancer et le stress. Depuis 2004, le cancer est la première cause de mortalité en France. A tout âge de la vie (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées), quel que soit le genre, on peut être inquiété.
Pour tous, le cancer est une épreuve dévastatrice, qui fait passer d’un monde connu à un monde inconnu, angoissant souvent où plus rien ne sera comme avant. Car bien souvent le cancer isole, discrimine, appauvrit, rompt le lien social, éloigne du monde du travail ou du monde scolaire, met à l’écart de la société.
Déjà, en 1918, le fondateur de la Ligue contre le cancer, Justin Godart, alors secrétaire d’Etat au service de santé militaire, affirmait : « Le cancer est un péril social, une maladie sociale. Et parce que c’est un mal social, il convient que ce soit la société qui le combatte. »

Le stress est devenu un mot d’usage courant que le gens utilisent indifféremment, soit pour décrire les multiples événements et circonstances que leur impose la vie moderne (incertitude, attente d’un événement, confrontation à un événement familial, à une difficulté professionnelle, etc.), soit pour exprimer les diverses conséquences émotionnelles que de tels événements peuvent induire. Doté d’une richesse sémantique impressionnante, on le retrouve au carrefour d’une multitude de disciplines aussi variées que la physique (le stress est une force, une pression externe, produisant une tension et, à plus ou moins long terme, la déformation d’un matériau), la psychologie, la psychiatrie, la neurophysiologie, l’immunologie, la psychosociologie ou encore la psychanalyse.

Au-delà du syndrome général d’adaptation, réaction purement biologique et physiologique qui est au centre de la réaction au stress, nous disposons de moyens complémentaires nommés cette fois stratégies d’adaptation, stratégies d’ajustement regroupées sous le nom de coping.
Le terme de « coping » regroupe l’ensemble des procédures et des processus qu’un individu peut imaginer et installer entre lui et un événement qu’il juge inquiétant, voire dangereux, afin d’en maîtriser les conséquences potentielles sur son bien-être physique et psychique.



Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.
Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées. 
Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.
Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang. 

En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.
Une journée particulière. Alexia Raphael, Psychologue
Une journée particulière où Alexia nous invite à partager son quotidien de psychologue. 9 heures : entrée dans l’Institut Paoli-Calmettes, s’érigeant tel un paquebot blanc immaculé, sept étages, des couloirs qui s’élancent parfois vers la mer azur, 350 chambres dont les fenêtres s’ouvrent sur la Bonne Mère ou les collines, le soleil, souvent invité, éclaire les visages nus. Les personnes amarrées ici vivent l’expérience d’attendre puis de recevoir leur « soin » pour en subir les désagréments.
 
Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie. 
Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ? 
Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ?
Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.
« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience. 

Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier. 
L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.
Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose. 
Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.

La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux. 
Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet. 
Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. 

Hypnose: Au service de nos grands aînés

Hypnose Paris,EMDR Paris,Thérapie Brève Paris - jeudi 11 janvier 2018 - 15:48
Partir au bal ? Pourquoi pas ? Par Marie Floccia et Fabienne Bidalon Marie Floccia est Médecin gériatre et algologue, praticien hospitalier au CHU de Bordeaux. Intervient aux Urgences du CHU et en consultations douleurs chroniques/personnes âgées. Formation par le DU d’Hypnose médicale de Bordeaux. Enseigne l’hypnose ericksonienne et ses applications en gériatrie au DIU d’Hypnose médicale de Bordeaux et dans des formations médicales et paramédicales. Fabienne Bidalon est Psychologue clinicienne, d’orientation analytique puis intégrative, exerçant auprès de sujets âgés en EHPAD et en USLD. Formation interne en Hypno-analgésie au sein du CHU de Bordeaux. Travail thérapeutique en hypnose réalisé antérieurement. L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques. Ainsi l’hypnose apparaît comme une évidente nécessité à la prise en charge gériatrique.

Et pourtant, l’utilisation de l’hypnose thérapeutique dans le grand âge a été peu étudiée : en 2007, Lutgendorf et al. incluent 241 patients de 18 à 92 ans et, concernant l’hypnoanalgésie, ne notent aucune différence entre les sujets âgés et les plus jeunes. Toutefois, ils avaient posé comme limite un MMS > 25, soit des patients sans trouble cognitif.

Il en est de même dans une étude récente de 2016, où Ardigo et al. ont inclus des patients douloureux chroniques et dépressifs, âgés en moyenne de 80,6 ans, avec des résultats significatifs en faveur de l’hypnose versus le massage, mais les patients ayant un MMS < 25 étaient également exclus.
Nous pouvons alors nous poser la question de la faisabilité de l’hypnothérapie chez des patients très âgés, ayant des déficits sensoriels et cognitifs, avec parfois des troubles du comportement.

Depuis 2010, le pôle de gérontologie clinique du CHU de Bordeaux développe l’hypnose thérapeutique auprès des patients hospitalisés dans toute la filière gériatrique (Urgences du CHU, court séjour gériatrique, Soins de suite et réadaptation (SSR), Unité de soins longue durée (USLD), Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes - EHPAD). Les problématiques ciblées sont les douleurs chroniques, induites, aiguës, l’anxiété et les troubles du comportement.

Autour de l’hypnose conversationnelle
Dans le pôle de gérontologie clinique, lors des toilettes, des mobilisations, des soins de plaies, l’hypnose conversationnelle est utilisée. Les mots à connotation négative : « douleur, mal, où souffrez-vous ? ça nécrose, je vais piquer… » sont évités au profit de mots bienveillants et apaisants : « ça cicatrise bien, ça évolue bien, je vais faire le soin ».
L’évocation d’un souvenir agréable avec comme thèmes de prédilection le travail pratiqué auparavant, les petits-enfants ou le jardinage est d’un grand secours.

Ce travail en hypnose conversationnelle permet de dissocier la personne des soins douloureux, de réaliser le soin sans opposition et de lui faire passer un moment agréable. Cela permet parfois même de pratiquer une induction par la conversation, où le patient se laisse bercer par un saupoudrage bienfaisant durant le soin.

Mme C. réside en EHPAD dans un contexte de maladie d’Alzheimer au stade sévère (MMS à 8) auquel se surajoute des troubles visuels, ce qui a fait apparaître des troubles anxieux et une agressivité. Elle déambule souvent dans le service, tombe et se blesse la main. La suture est réalisée en présence de la psychologue qui met en place une hypnose conversationnelle avec la patiente : elles parlent de la rencontre avec son époux. L’attention de la résidente est mobilisée sur le plan auditif en prenant appui sur les paroles de son époux lors de leur première rencontre et par le toucher rassurant du contact avec la main de la psychologue assimilée comme étant celle de son époux. Elle réagit sans geste brusque à l’injection de lidocaïne, et les points sont réalisés dans le calme, de même quelques jours plus tard pour les enlever. Un point d’ancrage par le toucher a pu être réalisé, permettant d’apaiser rapidement et de limiter l’usage des traitements médicamenteux en cas d’anxiété. Dans ce contexte, cela nécessite que l’hypnothérapeute ait en mémoire les éléments précis du parcours de la patiente. Il est aussi possible d’utiliser des films, reportages ou émissions trouvés sur Internet, en rapport avec la vie du patient, tout en commentant le film avec la personne et en saturant plusieurs canaux dans le même temps.

Mme Z. a 82 ans et des troubles cognitifs sévères, elle vit en caravane, très entourée par sa famille. Elle est hospitalisée aux urgences pour une arthrite de genou qu’il va falloir ponctionner. La communication est difficile, mais nous supposons qu’elle a dû faire plusieurs fois le pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Nous cherchons alors sur Internet un reportage sur le pèlerinage et l’IDE le commente abondamment autour du Visuel/Auditif/Kinesthésique/Olfactif/Gustatif (VAKOG) : « L’eau là-bas est claire, douce, des enfants jouent, vos oreilles entendent leurs rires dans la mer… » Il ne laisse pas de temps de pause. La patiente agitée au début, s’est calmée très rapidement et n’a pas quitté des yeux l’écran et l’IDE, permettant ainsi de faire une ponction de genou rapidement sans qu’aucun inconfort se manifeste. La frontière entre l’hypnose conversationnelle et la transe est alors ténue.


Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.
Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées. 
Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.
Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang. 
En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.
Une journée particulière. Alexia Raphael, Psychologue
Une journée particulière où Alexia nous invite à partager son quotidien de psychologue. 9 heures : entrée dans l’Institut Paoli-Calmettes, s’érigeant tel un paquebot blanc immaculé, sept étages, des couloirs qui s’élancent parfois vers la mer azur, 350 chambres dont les fenêtres s’ouvrent sur la Bonne Mère ou les collines, le soleil, souvent invité, éclaire les visages nus. Les personnes amarrées ici vivent l’expérience d’attendre puis de recevoir leur « soin » pour en subir les désagréments.
 
Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie. 
Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ? 
Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ? 
Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.
« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience. 

Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier. 

L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.
Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose. 
Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.
La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux. 

Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet. 
Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. 

Hypnose et Gynécologie

Livres Hypnose

Hypnose TabacOubliez le tabac ! : La méthode révolutionnaire pour arrêter de fumer. Jean-Marc Benhaiem

Le Dr Jean-Marc Benhaiem, qui pratique l'hypnose depuis 1981 et a créé le diplôme universitaire d'hypnose médicale à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, explique comment arrêter définitivement de fumer.





Hypnose L'hypnose aujourd'hui. Dr Jean-Marc Benhaiem

Que peut vraiment l'hypnose ? Depuis sa découverte voici plus de deux siècles, elle suscite fascination et défiance. Donnant la parole à des médecins et thérapeutes d'horizons très divers qui ont fait de l'hypnose un instrument privilégié de leur pratique, l'ouvrage explore " tous les états " de cette expérience : traitement de la douleur, des phobies, anesthésie, pédiatrie, sexologie, soins palliatifs, recherche sur le cerveau...





l'Hypnose qui soigne

Soigner par l'Hypnose. Dr Gérard Salem, Eric Bonvin

L'hypnose est aujourd'hui reconnue comme thérapie pour de nombreuses applications, notamment le traitement des douleurs rebelles (angoisses, phobies, troubles du sommeil, etc.). Nombre de médecins, psychiatres, psychologues, mais aussi généralistes, pédiatres et anesthésistes recourent à cette pratique.




gregory lambretteRevue Hypnose & Thérapies Brèves 28 Gregory Lambrette

Un dialogue inhabituel. Cybernétique et émotions.

Une des avancées importantes de l’approche stratégique brève concerne la prise en compte du travail avec les émotions. Gregory Lambrette situe cette évolution dans une perspective historique, pour nous emmener loin des conceptions pionnières initiales, sans pour autant s’en couper.

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